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Accueil » Bourg Lionel » « L’HORIZON PARTAGÉ », LIONEL BOURG, QUIDAM ÉDITEUR. (ARTICLE PARU DANS « DIÉRÈSE » 51, HIVER 2010)

« L’HORIZON PARTAGÉ », LIONEL BOURG, QUIDAM ÉDITEUR. (ARTICLE PARU DANS « DIÉRÈSE » 51, HIVER 2010)

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horizon
Une autobiographie épistolaire : ainsi pourrions-nous qualifier L’Horizon partagé. Onze lettres adressées à des proches décrivent effectivement un parcours de vie, une enfance heureuse mais marquée par certaines difficultés scolaires, une adolescence engagée et enfin l’âge mûr : l’amitié et la poésie.
Lionel Bourg se raconte, donc, sans pour autant s’enfermer dans le piège de l’auto-contemplation, du narcissisme. L’horizon demeure partagé, au sens où chaque courrier constitue un hommage à l’interlocuteur : un camarade d’école, la fille, ou encore la compagne de l’écrivain. Diverses figures, généralement attachantes, prennent ainsi corps au fil des pages, comme cet oncle, ex-résistant communiste, bougon mais bienveillant, digne des Vies minuscules de Pierre Michon : « Tiens, je t’entends, déjà, l’usine à en vomir tous les matins quant tu partais avant le jour, et le Parti, les airs, les insultes, les humiliations à n’en plus finir (…) » (p. 109-110). Union, l’écriture dépeint généralement d’heureux moments, comme si l’existence restait au fond un cadeau, la possibilité sans cesse renouvelée de rencontrer des gens, de lire de nouveaux livres, de découvrir des paysages inédits. La tristesse point néanmoins fréquemment, notamment lorsque L. Bourg écrit à sa défunte mère : « Une femme usée, flétrie, qui rêve ou se souvient confusément des gens qu’elle a connus, jadis, un mari, des amants, les membres désormais indistincts d’une même famille » (p. 25). Une certaine nostalgie, relativement discrète, se dégage également en filigrane, sans qu’on puisse toutefois parler de passéisme.
Restent, dès lors, la magie de l’évocation du verbe, et le goût pour la poésie, pour elle-même et par elle-même. Riche d’une vaste érudition livresque et artistique, L. Bourg convoque de nombreuses figures tutélaires, à la fois des versificateurs tel Apollinaire ou René-Guy Cadou, mais aussi des peintres et des chanteurs parmi lesquels Ferré et Brassens. Lyrique, inspirée, la prose limpide de L’Horizon partagé reste d’ailleurs proche du verset : « C’est l’heure / Tout s’assemble. / Les amants de septembre ont embrassé l’été » (p. 184). Créateur d’une œuvre sensible et variée, Lionel Bourg signe là un de ses plus beaux livres.

 

 


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