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RÉFLEXION LITTÉRAIRE 6

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DES MONDANITÉS POÉTIQUES

   Évidemment, une part de la poésie, ou plutôt des contacts, ne peuvent se créer que dans un cadre mondain. On ne peut être publié, connu, sans user, ne serait-ce qu’un minimum, des vernissages, marchés de la poésie, ou autres évènements publics, pour partager son art. La tentation est parfois grande de rester dans sa grotte, une sorte d’isolement romantique, d’envoyer de temps à autres des textes à telle ou telle revue, à tel ou tel éditeur, comme le font certains créateurs perdus dans une ferme, à la campagne (afin, peut être, de se targuer d’une forme de pureté de l’intention, qui n’est autre qu’une nouvelle forme d’ego, de projection de l’ego. Car la poésie, à l’image du théâtre est généralement ego, et le marché de la poésie la réunion d’ego parfois surdimensionnés et souffrants) Comment doser, entre sociabilité peut être excessive, et nécessaire solitude? Car l’écriture nécessite aussi le retour sur soi, l’intériorité… Bigre!


5 commentaires

  1. Jeu d’équilibriste…mal nécessaire peut-être, entre repli intérieur, coquille, et exposition…ombre et lumière…

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  2. Un amateurtropromantique dit :

    Au hasard:
    Kafka : « Vous ne devez pas quitter votre chambre. Restez assis à votre table et écoutez. Vous n’avez même pas besoin d’écouter, attendez simplement, apprenez juste à être calme, et immobile, et solitaire. Le monde va s’offrir librement à vous afin que vous le dévoiliez. Il n’a pas le choix ; il roulera extatiquement à vos pieds. »
    Picasso : « Sans grande solitude, aucun travail sérieux n’est possible. »
    Goethe : « On peut être instruit par la société, mais on ne peut être inspiré que par la solitude. »
    « Y a-t-il des règles à suivre pour être créatif? Dans son livre « Daily Rituals. How Great Minds Make Time, Find Inspiration, and Get to Work », Mason Currey s’est amusé à répertorier les habitudes de plus de 150 personnalités. Bilan de ce curieux catalogue? Qu’ils soient compositeurs, peintres, architectes, dramaturges, scientifiques, écrivains ou encore poètes, les génies nourrissent tous leur fibre créative à grand renfort de routines bien calibrées.
    Gustave Flaubert, par exemple, annonçait tous les matins son réveil à 10 heures précises en faisant sonner une cloche. Ses domestiques lui apportaient alors le journal, un verre d’eau, sa pipe et son courrier. Après avoir parcouru la presse, il toquait au plafond, signe qu’il était temps pour sa mère de le rejoindre dans sa chambre pour causer. En véritable forçat de l’écriture, l’auteur de Madame Bovary travaillait par ailleurs 12 heures par jour selon une routine bien réglée: après avoir tracé une phrase sur un manuscrit placé en hauteur sur un pupitre de musique, l’écrivain allumait sa pipe, se renversait sur son siège et contemplait les mots dans une atmosphère enfumée. Au bout d’un quart d’heure, il supprimait une virgule inutile. Au second quart d’heure, il remplaçait un mot inadapté. Après 45 minutes, il effaçait le tout et recommençait à zéro.
    Doté d’une conscience aiguë de l’écoulement du temps, Benjamin Franklin segmentait quant à lui ses journées. Selon son scheme of order, une «charpente temporelle» qui trace le plan de la journée idéale, la bonne heure du lever est 5 heures du matin et celle du coucher 22 heures. Dans l’intervalle, l’inventeur du paratonnerre partageait ses journées entre le travail, auquel il consacrait 6 heures (de 8 à 11 heures et de 14 à 17 heures), la lecture (à midi), la musique et les divertissements (de 18 à 21 heures), et les repas. Convaincu des vertus de l’air frais, il travaillait nu tous les matins pendant une heure dans sa chambre, un rituel qu’il nommait le «bain froid» et qui était destiné à fortifier son corps et son esprit. Enfin, toutes ses journées débutaient et s’achevaient par deux questions: «Que vais-je faire de bien aujourd’hui?» et «Qu’ai-je fait de bon aujourd’hui?».
    Eté comme hiver, Karl Marx se rendait à 9 heures à la salle de lecture du British Museum, qu’il ne quittait qu’à la fermeture, à 19 heures. Sa soirée était ensuite occupée à de nouvelles heures de travail intensif.
    Solitude, grande discipline… SOLITUDE!
    Distinguer solitude et isolement je vous prie! Quant à l’ego, que penser de l’intériorité – de l’enfant???
    Laissons le dernier mot (du moins pour l’instant car les mondanités terrestres m’appellent!) à un contact, un poète plutôt, je veux dire un poète majeur…qui a donné ce conseil très clair:
    « Une seule chose est nécessaire: la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne – c’est à cela qu’il faut parvenir. Etre seul comme l’enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l’enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s’en affairent et que l’enfant ne comprend rien à ce qu’elle font. S’il n’est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d’être prêt des choses: elles ne vous abandonneront pas. (…) Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays. Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d’évènements auxquels vous pouvez prendre part. Les enfants sont toujours comme l’enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien. »
    Désolé pour ce long commentaire un peu bardé d’autorités…alors qu’il est question de création… mais toute création dialogue avec toute la CREATION…
    Romantisme que tout cela?

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    • Merci pour ce beau commentaire, heureux Pierre-Antoine! Je t’appelle.

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    • Pierre-Antoine, sans te passer de la pommade, ce commentaire est un des plus intéressants que j’ai pu lire sur le blog. Par conséquent, si tu le veux, je peux le reproduire dans un nouveau billet. En effet, trop de poètes perdent leur temps en mondanités ou en flâneries. Facebook et les réseaux sociaux sont également dévastateurs. A très vite, heureux homme!!!

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