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« UNE FOIS, QUELQUE PART », Monique Marta

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« LES CALOPLANS » PAR MONIQUE MARTA

    L’artiste et poète niçoise Monique Marta, créatrice de la revue Vocatif, très proche du mouvement surréaliste, a beaucoup apprécié mon poème « Les Caloplans », et en a fait un tableau. Merci à elle.

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LES CALOPLANS

Des animaux sympathiques, mais envahissants.

Soudé au mur, leur vaste corps plat se couvre d’une épaisse fourrure brune et soyeuse, très douce. Pas de face, ou de gueule : juste deux immenses yeux gris, qui luisent dans l’obscurité et vous fixent intensément.

Nul ne sait de quoi ils se nourrissent. Les savants pensent qu’ils absorbent les micro-détritus, de très petits organismes présents dans l’atmosphère, grâce à de longues soies, sous l’abdomen.

Nul ne sait non plus comment ils se reproduisent, ni d’où ils viennent. Un beau matin vous vous levez : le caloplan est là, immobile, accroché à la paroi.

L’animal possède une certaine utilité, puisqu’il élimine poussières et miettes, chauffe la maison, émet un grondement strident en cas d’intrusion. Aspirateurs, radiateurs et alarmes deviennent ainsi superflus. De toute façon vous ne pouvez vous pas vous en débarrasser. D’une rare longévité, le caloplan reste attaché à la maison, et son organisme résiste à toute agression. En cas d’attaque, les yeux de la créature s’embuent de grosses larmes blanches, qui rongent le parquet dans une suffocation nauséabonde. En pleurant, le caloplan émet un signal vibratile insupportable, une sorte de long sanglot silencieux, brisant vitres et oreilles.

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