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LE MEURTRE DE LA TOUR DE CRISTAL, Jean Hautepierre, éditions Unicité, 2016 (article paru dans « Diérèse » 68)

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  hautepierre

   Traducteur d’A. Smith, essayiste et biographe de Poe, dramaturge et animateur d’un festival de théâtre en vers, Jean Hautepierre nous offre ici un bien singulier roman, à la croisée du polar et de la science-fiction. Dans la continuité de sa pièce Le Siège, l’auteur décrit Trézène, unique vestige d’une sorte d’Empire byzantin finissant mythique, à mi-chemin entre la cité futuriste et quelque ville de l’époque mérovingienne. Dans une oppressante ambiance de fin du monde, un meurtre est commis. Étrange inspecteur aux allures monastiques, assez semblable au père Guillaume de Baskerville du Nom de la Rose, Théobald de Thunn obtient l’autorisation d’enquêter, non sans difficulté. Le dénouement de l’intrigue sera pour le moins surprenant.

  Par-delà une intrigue assez réduite, somme toute, Jean Hautepierre semble avoir voulu avant tout évoquer un bien singulier décor : l’énigmatique Trézène représente un lieu symbolique, échappé d’un songe cruel, d’une sorte de passé imaginaire, plutôt sombre, à l’image d’autres contrées littéraires, tel l’Ecbatane décrite par Pierre Guyotat. Adorant des divinités inconnues, des dieux lointains et singuliers, pareils aux créatures démoniaques imaginées par Lovecraft, les habitants vivent dans un monde apocalyptique, dominé par d’étranges prédictions. De troublantes mélopées, se font parfois entendre, à l’instar de « Complainte » liminaire : Oyez, oyez la triste histoire/Du moine Théobald de Thunn !/Vous garderez à la mémoire/Le récit de son infortune ! Parsemé, çà et là, de vers réguliers, Le meurtre de la tour de cristal s’apparente donc essentiellement à un récit poétique. Précieux, parfois délibérément hermétique, symboliste, le style est à la fois riche et original, très descriptif, caractérisé par un vocabulaire délibérément rare, faisant la part belle aux néologismes : Car voici le cortège impérial, précédé par la cohorte des veilleurs qui sur les remparts nuit et jour se relèvent sans fin, se saluant de leurs hymnes lugubres, et les très hauts dignitaires : l’éparque, le mystikos, les grands drongaires de la veille et de la flotte (…). Aux antipodes du récit réaliste, à mi-chemin entre tradition et science-fiction, Jean Hautepierre, qui ressuscite les souvenirs païens, trace ici une route originale, tout en explorant de nouveaux sentiers.

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Un commentaire

  1. […] Notre article autour du « Meurtre de la tour de cristal », roman de Jean Haute… […]

    Aimé par 1 personne

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