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« LE CRÉPUSCULE DES OTARIES », Marc-Louis Questin, édition Unicité (note de lecture parue dans Diérèse n°68, été-automne 2016)

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   crepuscule

   Le titre est étrange, et ressemble à ces expressions tirées des cadavres exquis surréalistes. De fait, Marc-Louis Questin qui signe ici son vingt-quatrième ouvrage, semble, à travers ce nouveau recueil, unir des éléments en apparence très disparates. Mêlant diverses spiritualités, l’auteur évoque également des paysages et des lieux distants de milliers de kilomètres, parle d’artistes, d’écrivains éloignés, différents. Tout se passe comme si la plume pouvait opérer, symboliquement, une sorte de syncrétisme, de grand voyage à travers le temps, l’espace, pour se concentrer sur la page, dans une série de poèmes lyriques et inspirés, véritable kaléidoscope, pour reprendre les termes d’une préface signée Jean Hautepierre : Dans la chambre d’hôtel des princesses vénitiennes rejaillit le soupçon des ultimes cigarettes, la fumée s’évapore dans la chambre de morts entre ses cuisses de courtisane assoupie sur le sable des linceuls de Pologne, sous la cendre des heures et la lave du Vésuve (p. 18). Auteur de plusieurs livres autour de la magie et de l’ésotérisme, animateur du périodique La Salamandre Marc-Louis Questin sait en outre convoquer les mythes, les figures anciennes, les créatures du rêve et de l’enfance, comme le Dagon lovecraftien, Dionysos ou Lilith. Se dessine ainsi une forme de nouvelle mythologie personnelle, inédite, une sorte de panthéon renouvelé.

   Entre les lignes se noue, où se raconte, également, la propre histoire du poète, qui confie un certain nombre de souvenirs, d’endroits visités, traversés, qui parle de ses souvenirs de lecture, de ses propres préférences, du poète Georg Trakl au chanteur Jim Morrison, en passant par la cantatrice Maria Callas : Où sont les larmes de La Callas ? Où sont les larmes de Ludwig ? Où sont les larmes de Claude Pélieu ? (…) Quand la mort est sereine en un rire de cristal (p. 37). Les images fusent, se mêlent ainsi en un sorte de long maelström lyrique, organisé en une suite de petites unités, essentiellement composées d’alexandrins blancs, long monologue intérieur, ouvert sur le monde. Publié chez Unicité, à l’instar de la magnifique Anthologie de la poésie baroque, ce magistral Crépuscule des otaries est en outre illustré par les dessins, les toiles colorées de la jeune Prisca Poiraudeau, elle-même poétesse et blogueuse. Entre les pages défilent ainsi une série d’images riches et colorées, oniriques, représentant des fées, et dans une approche à la fois naïve et émouvante, avec la saveur de l’enfance. Acteur, participant à divers projets musicaux, directeur de la revue gothique et fantastique La Salamandre, polyvalent et polygraphe, Marc-Louis Questin alias Lord Mandrake, nous livre ici un opus charnel et généreux.


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