PAGE PAYSAGE

Accueil » Non classé » INTERNET vs LIVRE (trop brève réflexion)

INTERNET vs LIVRE (trop brève réflexion)

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

avril 2016
L M M J V S D
« Mar   Mai »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  
Publicités

   ego-trip-8761

   L’abus d’Internet a-t-il un effet pervers sur la littérature, et surtout sur les écrivains? Il semble difficile d’expédier la question en seulement quelques lignes. Et il peut également sembler contradictoire d’évoquer la question sur Internet même, sur ce blog, à l’image du serpent qui se mord la queue (n’y voyons, de grâce, aucun sens lacano-tracté), de l’arroseur arrosé, ou je ne sais quoi. Sérieusement, et pour essayer d’adopter une posture juste, ni rétrograde, ni passéiste, ni absurdement techniciste, constatons:

  • D’une part qu’Internet joue un rôle néfaste dans l’image qu’un auteur peut se faire de lui-même. A ce titre, le phénomène youtubesque est presque grossier, voire ridicule. Quelques auteurs déclament des vers, ou évoquent tel ou tel livre, et pensent accéder à la célébrité, se prennent réellement pour des génies, au prétexte qu’un individu sur des millions de ratés aura vu sa chanson diffusée sur les ondes après l’avoir modestement postée sur les réseaux sociaux. L’illusion star’académy, c’est que tout le monde peut être artiste, que tout le monde a quelque chose à dire. Oui, chaque individu a une histoire, un destin, une âme et un intérêt qui lui est propre. Mais non, tout le monde n’est pas écrivain, n’a pas le don de la langue et la capacité de travail lui permettant de produire une oeuvre. C’est cruel, anti démocratique, mais terriblement vrai. De même que je ne pourrais jamais être peintre ou acteur (et que je n’en n’ai nulle envie), telle personne ayant vécu « une vie extraordinaire », entre le canal de Suez et les steppes de Mongolie, ne sera pas un grand styliste en racontant simplement son parcours. Or Internet, et singulièrement Facebook, participent de cette illusion. Tel poète modeste gonflera son ego, déjà considérable, jusqu’à proposer sa candidature à l’Académie, jusqu’à songer aux statues que lui érigeront les générations futures. Se gargarisera des appréciations souvent hypocrites d’autres poètes frustrés attendant également des éloges. Se prendra en photo sous toutes les coutures. Parlera du roman qu’il est censé écrire au lieu de traîner sur le chat. Projettera de monstrueux et titanesques projets au lieu de les réaliser. Regardera combien de fois on va sur son profil, son site, au lieu de composer, tout simplement. Il va de soi que je n’exprime là aucune morgue. J’essaie simplement d’analyser sans me placer au-dessus de la mêlée.
  • Internet est chronophage, et vole à la vraie réflexion, au temps de lecture, de réécriture, de précieuses minutes. On passera des heures à regarder tel ou tel article, à commenter tel ou tel lien, au lieu de se plonger dans Balzac, ou de peaufiner un poème.
  • Internet rend notre attention labile. Là encore, je n’ai aucune compétence d’ordre neurologique, neuro-psychologique, neuro-physiologique, neuro-psychiatrique. Le fait est qu’on passe plus souvent d’une chose à l’autre, ce qui rend difficile le nécessaire effort de concentration, constitutif de l’activité créatrice.
  • On ne peut qu’être frappé par la brièveté des analyses sur la toile, par leur légèreté, trop souvent. Ce billet en est-il l’illustration? Quoi qu’il en soit, le phénomène du réseau social rend toute vue prolongée quasi impossible. On est pressé, on zappe. On ne développe rien de réellement sérieux, de réellement poussé.

N.B: Il s’agit là d’une réaction « à chaud », peut être un peu schématique. J’évoquerai plus longuement l’intérêt d’Internet, son apport positif sur la poésie contemporaine très prochainement.

Publicités

3 commentaires

  1. Mora Pascal dit :

    Cela change notre manière d’imaginer , d’inventer . Il est possible de s’appuyer sur internet et d’autres media (notamment visuels ou parlés) pour proposer des écrits relayés par des images animées (spectacles, récits ou poèmes vidéo…) ou des enregistrements audio… Si l’on parvient à éviter l’esclavage, ce qui n’est pas évident, il y a moyen de propulser de nouvelles formes artistiques. Que deviendront-elles? On s’en fout !!! L’essentiel est de proposer de nouvelles formes comme l’art l’a fait à toute époque!!! En souhaitant que quelques-uns puissent en vivre dignement

    J'aime

  2. Mora Pascal dit :

    Je réagirai après ton prochain développement. Il y a un intérêt de débattre, dialoguer pour ouvrir l’action

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

avril 2016
L M M J V S D
« Mar   Mai »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Catégories

Catégories

Statistiques du blog

  • 63 139 hits

Suivez-moi sur Twitter

%d blogueurs aiment cette page :