PAGE PAYSAGE

Accueil » Non classé » « Et de cendre soudain l’horizon s’est couvert » (Gérard de Nerval)

« Et de cendre soudain l’horizon s’est couvert » (Gérard de Nerval)

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

janvier 2016
L M M J V S D
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031
IMG_1236

Cours de Vincennes, 9 janvier 2015 (photographie personnelle)

   Le vendredi 9 janvier 2015, il y a tout juste un an, je ne travaillais pas, et donc me trouvais dans mon modeste studio, entre la Porte de Montreuil et la Porte de Vincennes, dans le vingtième arrondissement. Comme chaque Français, j’étais marqué par la violence de ce début d’année, et par la soudaineté de l’attentat, par l’assassinat méthodique et froid des journalistes de Charlie hebdo, journal que je ne lisais guère et qui ne m’amusait plus, mais qui appartenait à une sorte de paysage culturel inconscient, une sorte de patrimoine journalistique. Jamais, alors, je n’aurais cru qu’une autre attaque se déroulerait près de chez moi, si près, à quelques centaines de mètres, non loin de la station Saint Mandé, où il m’arrive encore de descendre pour faire le marché, ou tout simplement de me promener.

   Scotché à mon écran d’ordinateur, je regardais alors BFM-TV, voyant en boucle les images de la prise d’otage de l’imprimerie où s’était retranchés les frères Kouachi, poursuivis par le RAID, quelque part dans le Val d’Oise, dans une de ces petites villes qu’on ne fait que traverser en voiture après être sorti de l’autoroute, et dont on ne retient jamais le nom. La nouvelle tomba d’un coup: un djihadiste pour l’heure non identifié venait de pénétrer dans l’Hypercacher situé à côté de la station service, pour la prise d’otages sanglante qu’on connaît, et dont on peut retrouver chaque détail sur Wikipédia. Rapidement, le quartier fut bouclé. J’essayais de contacter une vieille dame vivant non loin du périphérique, avant de sortir dans le matin brumeux, crachotant, un peu froid. La ville semblait en état de siège, le ciel vibrant d’hélicoptères, secondés par un impressionnant dispositif de CRS, de gendarmes, qui firent rapidement reculer badauds et élèves, jusqu’aux abords du lycée Hélène Boucher, gros bâtiment art déco évacué pour l’occasion. Rapidement le quartier que je connaissais pour être si calme avait pris des allures de cité en guerre, cernée de barrière de sécurité. L’heure avança. Je continuais à écouter la télévision, à m’abreuver de mauvaises nouvelles, tout en envoyant des SMS à mes proches. Les tentes de premiers secours apparurent le soir, une fois la nuit tombé, et l’assaut donné. La suite? Ce furent d’abord les images de la libération, puis ces grands amas de fleurs funèbres devant la boutique criblée de balles, sans oublier les légionnaires en faction permanente, les multiples hommages politiques, et les manifestations géantes, parfois excessivement bruyantes, comme pour conjurer le mauvais sort.

IMG_1233

IMG_1238


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

janvier 2016
L M M J V S D
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Catégories

Catégories

Statistiques du blog

  • 105 876 hits

Suivez-moi sur Twitter

%d blogueurs aiment cette page :