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Archives Mensuelles: juin 2015

BLOGORAMA 16: « LE LIBRE BONIMENTEUR » DE JEAN-LOUIS RIGUET

   lauteur-jean-louis-riguet-remporte-prix-marie-L-rsF0Ht   Autodidacte, notaire retraité né en 1947 dans la Vienne, Jean-Louis Riguet est l’auteur d’un essai (lire très mince, éditions « Le masque d’or »), de plusieurs romans historiques (Augustin, éditions Dédicaces, Aristide, la butte meurtrie, ibid.), d’un récit autobiographique (La vie en archives d’un petit gars, éditions Dédicaces), d’un roman d’enquête (L’association des bouts de livre, éditions Dédicaces), et de plusieurs nouvelles diffusées sur le Net. Membre de la société des Gens de Lettres, du Bottin International des Professionnels du Livre et de la Maison de l’Ecrivain et de la Littérature, il publie également un blog très intéressant, diversifié, visant entre autres à interroger les autres créateurs (quand tant d’autres sites ne visent que l’auto-promotion!). L’homme a accepté notre proposition de Blogorama (série consistant à évoquer les blogs littéraires amis). Laissons lui donc la parole!
   J’ai créé mon blog il y a 3-4 ans pour promouvoir mes livres. Puis, très vite, je me suis mis à partager des chroniques d’autres sites wordpress. Je privilégie les livres, l’art, le théâtre, l’écriture. Il m’arrive de faire des chroniques sur les livres que je lis ou les pièces de théâtre que je vois.
Je tiens régulièrement, enfin au gré des auteurs, sculpteurs, peintres, etc., une chronique intitulée « JL à l’écoute de … » que je publie sur 
https://librebonimenteur.wordpress.com/ et transfère ensuite sur les réseaux sociaux. 20 réponses à 20 questions avec des photos. C’est gratuit bien entendu. Déjà plus de 60 auteurs ont participé en 7 mois. Seulement 4 ou 6 peintres mais cette partie est ouverte depuis seulement 2 mois.

Un blog à visiter, donc, car vraiment au service de l’écrit:

Le libre bonimenteur, blog de Jean-Louis Riguet

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MARCHE DE LA POESIE 2015

B6FC452F_nsztlDw4h615yByRfAChers amis,

Samedi, dans l’après-midi, je serai au Marché de la poésie, place Saint Sulpice. J’espère éventuellement y rencontrer des poètes, parmi mes connaissances,

etienne.ferdinand@yahoo.fr, 07 50 89 83 24

 

MEMOIRE DES POETES III: PHILIPPE DESPORTES (1546-1606), CIMETIERE LAPIDAIRE DU LOUVRE

La cour Marly , au musée du Louvre (photographie de Jean-Christophe Benoist)

La cour Marly , au musée du Louvre (photographie de Jean-Christophe Benoist)

CIMETIÈRE LAPIDAIRE DU LOUVRE (Pyramide du Louvre, 75001 PARIS, station Palais Royal-Musée du Louvre, lignes 1 et 7)

   Généralement, les visiteurs du Louvre vont directement voir Monna Lisa, la Victoire de Samothrace, ou la Vénus de Milo. Peu s’attardent dans la néanmoins superbe cour Marly, immense espace clair et blanc, réparti sur plusieurs niveaux, au rez-de-chaussée du pavillon Richelieu, le long de la rue de Rivoli. Outre les impressionnants chevaux de Coustou, ultimes vestiges du château disparu[1], de nombreuses sculptures médiévales ou Renaissance ornent les pièces. Au milieu des gisants, des figures mythologiques et des Christs en pierre, le curieux remarquera peut être un médaillon en bronze noirci, représentant un buste d’homme d’âge mûr, barbu, légèrement de profil, portant une chemise au col largement échancré. Réalisée par Matthieu Jacquet (1545 ?-1611 ?), l’œuvre ornait, à l’origine, la colonne funéraire de Philippe Desportes (1546-1606), inhumé à l’église de l’abbaye de Bonport, dans l’Eure, lieu largement détruit après la Révolution.

Philippe Desportes (1546-1606)

Philippe Desportes (1546-1606)

  Né à Chartres dans une famille de négociants, Philippe Desportes rentre dans les ordres et suit l’évêque du Puy à Rome, où il découvre Pétrarque. Revenu en France en 1567, habile courtisan, il suit le duc d’Anjou, futur Henri III (1551-1589), en Pologne, qui en fera une sorte d’homme de Lettres officiel et mondain, après sa montée sur le trône de France en 1575. Admis dans les conseils du souverain, Desportes jouit alors de biens considérables, et dirige plusieurs abbayes, ce qui lui procure la somme de 10 000 écus. Il se rallie à la Ligue, parti de catholiques opposés au protestantisme, après l’assassinat d’Henri III, et défend la ville de Rouen qui, assiégée, résiste au pouvoir d’Henri IV, roi huguenot, en 1591. Ayant négocié la reddition de plusieurs autres places normandes réfractaires, il retrouve la grâce d’Henri IV, et finit par se retirer dans l’abbaye où il sera inhumé, travaillant jusqu’à sa mort à traduire les Psaumes. Devenu à son tour poète officiel, l’austère François de Malherbe (1555-1628) critique sévèrement le maniérisme baroque de son « prédécesseur », en annotant directement toutes ses oeuvres dans ses Commentaires sur Desportes, parus en 1600, manifestes d’une nouvelle conception de la langue.

"Commentaires sur Desportes", François de Malherbe, 1600.

« Commentaires sur Desportes », François de Malherbe, 1600.

   Au contraire de Malherbe, Desportes est effectivement un poète léger. Pourvu d’une solide culture classique, mais moins profond et moins inspiré que Ronsard ou Du Bellay, celui qu’on surnomma le « Tibulle français » partage avec son illustre ancêtre de plume un certain sens de l’élégie. Nourri d’Homère et de Virgile, inspiré par Clément Marot (1496 ?-1544) ou par les néo-pétrarquistes italiens tels l’Arioste (1474-1533), Desportes chante les amours des puissants puis le sentiment religieux dans un style riche en images, élégant, favorisant la clarté, la grâce. Les inversions, enjambements, rejets ou contre-rejets sont ainsi relativement rares, chez lui, à la différence de Ronsard. Dévots ou galants, ses vers ont exercé une influence importante sur les auteurs de son temps, mais aussi sur La Fontaine, et ont souvent été mis en musique. On lui doit notamment des Stances (1567), Les amours de Diane (1573), ou, dans un genre différent, les 150 psaumes de David (1603-1605). En 1989, Jean-Yves Masson lui rend hommage, le sortant quelque peu de l’oubli, en présentant Contre une nuit trop claire, excellente anthologie publiée dans la fameuse collection « Orphée » de La Différence, au prix d’un livre de poche. Laissons donc la parole à Desportes lui-même:

Nuict, mere des soucis, cruelle aux affligez,

Qui fait que la douleur plus poignante est sentie,

Pource que l’ame alors n’estant point divertie,

Se donne toute en proie aux pensers enragez.

 

Autre-fois mes travaux tu rendois soulagez,

Et ma jeune fureur sous ton ombre amortie ;

Mais, hélas ! ta faveur s’est de moy departie,

Je sens tous tes pavots en espines changez.

 

Je ne sçay plus que c’est du repos que tu donnes ;

La douleur et l’ennuy de cent pointes felonnes

M’ouvrent l’ame et les yeux, en ruisseaux transformez.

 

Apporte, ô douce nuict ! un sommeil à ma vie,

Qui de fers si pesans pour jamais la deslie

Et d’un voile éternel mes yeux tienne fermez.

(Les amours de Cléonice, 1583)

[1] Construit par Jules-Hardouin Mansart sur ordre de Louis XIV, conçu comme une résidence secondaire et situé dans les Yvelines, le superbe château de Marly fut pillé sous la Révolution française, racheté par un négociant en tissus, puis définitivement rasé sous le Premier Empire. Outre ceux qui sont conservés au Louvre, deux des chevaux sculptés par Coustou ornent désormais la place de la Concorde, à l’entrée des Tuileries.

« À LA CYPRINE », Eugène Savitzkaya, éditions de Minuit, 2015.

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Pisserai contre le sol comme pissent chiennes et brebis

puis me coucherai sur l’herbe pour jour de l’air et du

beau temps rien n’aura sur moi d’ascendant hormis l’ombre

d’une branche aurait oublié le cloaque dont l’œuf surgit

chaque jour ma tête poserai sur la touffe aigrette de la

dune mon pied dansera dans l’azur honorerait le nectar

trancherai ma pastèque comme on fend une sphère dirai

après-midi la mer et au soir la toison de la nuit prendrai

dans la main la tige portant les fleurs neuf et trois ne

font plus douze chanterai la plus belle ritournelle comme

on pile du charbon brûlerai la bougie et noircirai la craie (p. 51)

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